20 mai 1976: le pavillon temporaire des États-Unis, conçu pour Expo67, prend feu

20 mai 1976: le pavillon temporaire des États-Unis, conçu pour Expo67, prend feu

La quête d’une fabrique urbaine permanente est profondément ancrée dans des idéaux classiques en architecture. Notre façon d’habiter cette architecture, en revanche, a toujours été impermanente. De plus, certaines constructions conçues temporairement, telles que le dôme géodésique de Buckminster Fuller érigé pour Expo 67 et détruit en grande partie par le feu en 1976, sont devenus des symboles forts profondément ancrés dans l’imaginaire collectif et le paysage urbain de Montréal. D’autres, comme l'autoroute Bonaventure, sont au contraire conçues avec une intention de permanence, mais sont détruites après quelques années seulement.

Des couches successives de régulations en urbanisme, dans le code du bâtiment, en prévention des incendies et en santé publique, ont consolidé progressivement l’idée de la permanence dans la façon de voir et de planifier la ville. Ces outils inflexibles agissent aujourd’hui comme gardien du développement territorial, mais aussi comme frein au changement et à l’expérimentation dans l’usage des espaces pour et par les communautés locales. Cette obsession pour la permanence, plus appropriée dans un contexte de croissance constante, s’avère être inadéquate pour faire face à des changements rapides et à des temps économiques incertains.

Certains défis urbains, tels que l'existence d'un grande nombre de bâtiments vacants, requièrent des stratégies d'intervention beaucoup plus flexibles et agiles; des alternatives visant non seulement à faciliter de nouveaux développements soi-disant permanents, mais surtout à maximiser l'usage de ce qui existe déjà, entretemps. Le design urbain et l’architecture temporaires, autrefois relégués en marge de la culture de planification des villes, constituent dorénavant un élément clé des processus de développement contemporain, une approche qui nous permet de libérer le potentiel de nos villes maintenant, sans attendre à demain ou à un plan final qui ne viendra jamais.

Montréal n’est pas un produit fini, c’est une myriade de processus interconnectés en constante évolution. Son développement se doit donc d’être réfléchi en conséquence.

 

 

Co-écrit par Jonathan Lapalme et Mallory Wilson d'Entremise